Foi & identité — sans placard

Se tenir la main n'est pas un crime.

Et aimer Dieu n'a jamais demandé de se cacher. Ce site existe pour le dire tout haut.

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Pourquoi diable —

gagner en visibilité, s'embrasser pour se dire bonjour, élever des enfants, vivre au grand jour entre voisins — ferait de quelqu'un un criminel ?

Et le livre qu'on vous oppose ?

Ce sont d'anciennes lois. Et les lois, ça se révise.

Le fils rebelle
La Torah ordonne de le lapider. Les sages du Talmud ont tranché : « cela n'a jamais eu lieu et n'aura jamais lieu — pourquoi est-ce écrit ? Étudie-le et reçois-en récompense. »
Dt 21:18-21 · Sanhédrin 71a
Le prêt à intérêt
En 1179, Latran III refuse aux usuriers la communion et la sépulture chrétienne. En 1312, Vienne déclare hérétique quiconque soutient que l'usure n'est pas un péché. Le droit canonique de 1983 n'en parle plus.
Latran III c.25 · Vienne 1312 · CIC 1983
La jizya
Un impôt et un statut juridique à part pour les non-musulmans. C'est le califat ottoman lui-même qui y met fin, en proclamant l'égalité de tous les sujets devant la loi.
Édit de réforme, 1856 · supprimé en 1909

Trois traditions. Trois lois écartées — sans qu'aucune foi ne s'effondre. Une seule exception : celle qui nous vise.

Et l'endoctrinement ?

Qui endoctrine vraiment ?

A-t-on déjà vu des personnes LGBTQIA+ faire du porte-à-porte pour « convertir » qui que ce soit ? Évangéliser ? Recruter ? Non.

Une orientation n'est pas une confession. Ni une foi, ni une religion. C'est une identité — notre façon de choisir qui on veut au plus près de nous.

Et au fond —

Ce qui éloigne le plus de Dieu, ce n'est pas nous.

La violence, le mépris, parfois la barbarie de croyants LGBT+phobes : voilà ce qui détourne le plus les gens des religions. On prétend défendre la foi — et on la vide de son sens.

Comme le racisme, cette haine ne juge pas des actes. Elle condamne des personnes pour ce qu'elles sont. Elle ne dit rien de celles qu'elle vise. Elle dit tout de celles qui la portent.

Alors, qu'est-ce qu'elle dit ?

Qui est en paix avec soi n'attaque personne.

Une personne à l'aise avec sa propre sexualité ne se sent pas menacée par celle des autres. Elle peut serrer un ami dans ses bras, pleurer, porter la couleur qu'elle veut, dire d'un homme qu'il est beau — rien ne vacille. La sécurité intérieure n'a besoin d'aucun ennemi.

L'agressivité, elle, dit souvent l'inverse : la peur d'être confondu. Beaucoup n'attaquent pas par conviction, mais pour prouver — au groupe, au vestiaire, à la famille — de quel côté ils sont. Un peu de souplesse sur le genre ou l'orientation, et l'on craint d'être rangé avec nous. Alors on frappe le premier.

Se durcir par peur du regard des autres, ce n'est pas de la force. C'est une prison — dont on tient soi-même les barreaux.

Soyons lucides —

La foi est ancienne. Le reproche est neuf.

Ces textes ne connaissaient ni « homosexualité » ni « orientation » : ces mots ont moins de deux siècles. La « sodomie » elle-même n'est devenue un péché nommé qu'au XIe siècle, sous la plume d'un moine. On nous juge au nom d'une catégorie que les Écritures ignorent. Ce n'est pas de la fidélité au texte — c'est une lecture récente qu'on nous présente comme éternelle.

Quant à la croisade, elle est datable. Elle commence à la fin des années 1970, aux États-Unis, puis s'exporte vers l'Afrique et l'Europe de l'Est. Elle a des dates, des budgets, des noms. Ce n'est pas une tradition millénaire : c'est une campagne politique qui s'est drapée dedans.

Gardons le cœur vivant de la foi — l'amour, la justice, la compassion. Laissons le reste aux superstitions d'un autre âge.

Et si on retournait la question —

Dieu est vivant. Sa loi n'est pas lui.

Il se dit vivant. Il se dit amour, et même amour inconditionnel. Il se dit compassion, justice, miséricorde — donc il a le sort de chacun à cœur, y compris de ceux que la vie a abîmés, y compris la misère de l'âme. Ce sont ses mots, pas les nôtres.

Alors si une lecture de la loi conduit à moins d'amour, moins de compassion, moins de justice, ce n'est pas Dieu qui se contredit. C'est la lecture qui se trompe.

Maïmonide
L'idolâtrie n'a pas commencé chez les impies, mais chez les sages : ils voulaient honorer Dieu, et ont fini par honorer ce qu'ils avaient eux-mêmes institué.
Michné Torah · Avodah Zara 1:1
Rome, 1993
« Le fondamentalisme invite, sans le dire, à une forme de suicide de la pensée. »
Commission biblique pontificale
Hadith qudsi
« Ma miséricorde l'emporte sur ma colère. » Un hadith où Dieu parle de lui-même à la première personne.
Bukhari 7422 · Muslim 2751

Vouloir la loi immuable et éternelle, l'adorer, la placer au-dessus de celui qui l'a donnée — c'est la substituer à lui.

L'idée qu'une personne LGBTQIA+ serait un « criminel déguisé » contredit notre seule revendication : ne plus jamais devoir se cacher.

Une lettre fictive. Mille fois réelle.

À vous qui restez,

Dieu m'a créé·e comme chacun de vous : pareil·le à toute autre, et unique à la fois. Je n'ai rien choisi, rien inventé. Je suis arrivé·e au monde comme vous y êtes arrivés — les mains ouvertes.

Je l'ai aimé, vous savez. Tout bas. J'ai prié dans le noir, le cœur partagé en deux : une moitié pour la foi que vous m'avez transmise, une moitié pour la peur que vous m'avez apprise.

Ce que je regrette n'a rien d'immense. Une main tenue dans la rue, en plein jour. Une place à la fête du village. Un mariage où l'on m'aurait souhaité du bonheur. Des enfants à regarder grandir. Le bonheur ordinaire — celui auquel chacun a droit sans même y penser. On ne me l'a pas volé d'un coup : on me l'a refusé miette après miette.

On m'a opposé un livre. J'ai appris, plus tard, que ses lois les plus dures, vos sages avaient su les relire — toutes, sauf celle qui me visait. On m'a accusé·e de recruter, d'endoctriner. Je n'ai pourtant frappé à aucune porte. Je demandais seulement qu'on ne referme pas la vôtre.

On m'a haï·e au nom de Dieu — et j'ai fini par voir ce que cette haine cachait : tant de peur. La peur d'être confondu, la peur du groupe, la peur du regard. Je ne vous en veux plus. Mais elle m'a coûté ma place à votre table.

J'avais les mêmes dons que vous — l'intelligence, le courage, la tendresse, exactement autant. Je voulais tant les offrir. Vous n'en avez pas voulu. Ils s'en vont avec moi, intacts : un cadeau jamais ouvert.

Alors adieu. Ne cherchez pas ce qui était écrit — c'est ce qui n'a jamais été écrit qui m'a manqué. Un mot d'accueil. Une place. Un simple : « reste ».

Créé·e par Dieu. Pareil·le à vous. Unique — comme chacun de vous.

Cette lettre, personne ne devrait avoir à l'écrire.

Si ces mots ressemblent aux tiens, ne reste pas seul·e avec eux : findahelpline.com — des lignes d'écoute gratuites, partout dans le monde.

Et tant de vies en silence —

Combien d'entre nous croient, en secret ?

Tiraillé·es entre une foi, une culture qu'on aime profondément — et le rejet de celles et ceux qui s'en réclament. Tant de personnes LGBTQIA+ prient tout bas, le cœur partagé en deux.

Et la première appartenance —

Le village qui nous a vus naître : nous voudrions juste en être.

Faire partie du village, de la ville, de la communauté qui nous a vus naître — nous le voulons comme tout le monde. Être à la fête, au marché, au mariage, au deuil. Compter parmi les nôtres.

Et si souvent, nous avons peur de nous y montrer sous notre jour complet, tels que nous sommes. À cause des stigmates, des préjugés, de la violence, du qu'en-dira-t-on. Ce n'est pas nous qui manquons à la table — c'est la peur qui nous en éloigne.

Et le cercle tourne : ce qui est discriminé est rendu invisible. Ce qui est invisible devient suspect. Ce qui est suspect fait naître des rumeurs. Les rumeurs alimentent la haine — et la haine, la discrimination.

Ce cercle, on ne le brise pas en se cachant mieux. On le brise au grand jour.

Alors entrons dans la lumière

Ici, tu n'as rien à cacher.

Une personne LGBTQIA+ a aussi le droit d'exprimer son amour à Dieu. De célébrer sa joie, son potentiel, d'être entourée d'une communauté, d'allié·es et de parents aimants — qui honorent, en l'aimant tel·le qu'iel est, la confiance que Dieu leur a faite en le lui confiant.

Et ce que nous en faisons —

Les mêmes dons. Un autre usage.

Dieu ne nous a rien retiré. L'intelligence, le courage, la patience, la tendresse, le talent : nous avons reçu exactement autant que les autres. Reste la seule question qui vaille — qu'en faisons-nous ? Nous choisissons de les mettre au service de la compassion et de l'accueil. Et nous sommes prêts à démontrer que des qualités employées à comprendre plutôt qu'à condamner ne valent pas moins. Souvent, elles valent davantage.

Ni moins, ni plus qu'une autre. Juste comme les autres, autrement. Et c'est parfait comme ça.

« Le secret de l'agenda gay ? Être aimé·e et accepté·e tel qu'on est. C'est tout. »

Susan Cottrell — freedhearts.org

Ce que nous voulons, au fond

Solidaires. Pacifistes. En paix.

Solidaires entre nous — et au-dehors, avec toutes les communautés dont nos membres sont issus. Nous ne menaçons personne. Notre seul désir : vivre en paix, dans un monde qui l'est aussi.

Tu n'es pas seul·e.

Partout dans le monde, des associations nous rassemblent, nous défendent, nous accueillent :